Luttes Ouvrières
AuteurErnest-Pignon-Ernest
Date : 1979-2016 - (photos prises en 10/2016)
Ernest-Pignon-Ernest
Site officiel
Cette fresque a été réalisée dans le cadre de « Grenoble Street-Art Fest » 2016. 
Cela faisait bien longtemps que je regrettai de ne pas avoir vu « pour de vrai » un Ernest-Pignon-Ernest dans la rue. Il faut dire qu’il n’en reste que deux d’encore visibles en France, … Le Street-art Fest de Grenoble 2016 me comble à ce niveau ! 
La fresque qui se trouve sur le mur de la Bourse du Travail est en fait la restauration d’une fresque réalisée en 1979. Voilà comment l’artiste a présenté son travail : "A cette époque, je m'interrogeais sur le rôle de l'artiste. Peu à peu s'est imposé un thème lié à la dégradation de l'organisme dans certains postes de travail, les agressions invisibles, lentes qui rongent l'organisme pendant des années, fumées, bruits, pollutions diverses. J'avais choisi de traiter une réalité qui n'est pas la mienne, faire une œuvre qui exprime ce qui est implicite dans une société et que seuls l'art ou la poésie peuvent mettre à jour. Pour saisir toutes les richesses de cette réalité, j'avais besoin de travailler avec ceux qui vivent ces problèmes au quotidien... J'ai dessiné un personnage qui servait d'image de base sur laquelle viennent se superposer à la sérigraphie-pochoir, déchirure, gravure, bombage... Ensuite nous avons collé ces images dans la zone industrielle, dans des lieux précis...
La restauration fut un travail minutieux et compliqué. La fresque en place était très abimée. Il a fallu d’abord retrouver des images d’archive de l’œuvre, mais aussi les affiches que l’artiste avait consultées à l’époque. Le tout fut numérisé afin de reconstruire l’œuvre à l’échelle 1 et de l’imprimer sur une toile. La toile fut ensuite marouflée sur le mur puis vernie afin de lui garantir la meilleure longévité possible. 
Ernest-Pignon-Ernest est un précurseur du street-art, mais aussi un militant. Il débute son œuvre dès 1966 par des pochoirs qu’il réalise sur le plateau d’Albion pour dénoncer la force nucléaire française déployée « sous la lavande ». A partir de 1971, il réalisera des centaines de sérigraphies qu’il ira coller dans des lieux le plus symboliques possibles, à chaque fois pour soutenir un combat (l’Algérie, l’avortement, l’immigration, ou comme ici les conditions de travail des ouvriers).