El Loco
Auteur : Zag & Sia
Date : Janvier 2017 - (photos prises en 01/2017)
Voir l'évoultion de la fresque ICI
Zag et Sia commencent l’année 2017 sur un escalier du 13ème arrondissement. 
Ils nous proposent ici un 23ème arcane de tarot en s’inspirant de la série que Dali créa à la fin de sa vie afin moderniser la vision du tarot, de rendre les symboles plus clairs en se positionnant entre tradition et modernité. 
El Loco (le Fou) est ce 23ème arcane. Mais en y regardant de plus près, le Fou et le Roi qui sont représentés ne sont pas n’importe qui.
Le Roi est Jérôme Coumet, le maire du 13ème arrondissement, un maire passionné d’art contemporain et de street-art. 
Le Fou est Mehdi Ben Cheikh, le patron de la galerie Itinerrance, celui par qui le street-art a pris son véritable envol dans le 13ème. 
En réalité, l’essor du street-art dans cet arrondissement doit beaucoup à l’association de ces deux hommes. Mais voilà, Zag et Sia représentent le Fou Mehdi poignardant dans le dos le Roi Coumet !!! 
Pourquoi une telle représentation ? 
Mon interprétation a été la suivante : depuis quelques temps, certains artistes et/ou galeristes considèrent que Mehdi s’est taillé une sorte de royaume dans le 13ème, que son association avec Monsieur le Maire exclut tous ceux qui ne gravitent pas autour de sa galerie.  
Je trouvais cette interprétation un peu injuste. Il y a peut-être une part de vérité dans ces critiques, mais il ne faut pas oublier que c’est bien Mehdi qui a donné l’impulsion, que c’est lui qui a convaincu Jérôme Coumet qu’il était possible de transformer le 13ème en une référence mondialement reconnue dans le monde entier en terme de street-art. Mehdi n’aurait pas pu réaliser ce projet sans Jérôme Coumet, et Jérôme Coumet n’aurait pas plus pu attirer autant d’artistes dans ses rues sans Mehdi. 
Et puis, n’oublions pas que des artistes ont pu s’exprimer sur des grands murs sans passer par la case Mehdi (Zag et Sia en sont un exemple d’ailleurs…), mais qu’ils n’auraient probablement pas pu le faire si Mehdi n’avait pas montré la voie auparavant. 
J’ai contacté Zag & Sia afin qu’ils m’expliquent ce qu’ils ont voulu dire. Leur réponse - merci à eux - m’a montré qu’une lecture au premier degré n’était pas la bonne. Je vous livre cette réponse : 
« Cette peinture s’intitule « le 23e arcane majeur » et prend référence dans les recherches de Dali concernant le symbolisme des lames du tarot. Ce n’est pas une représentation allégorique marquant une action (même si l’interprétation première est peut-être plus évidente que le sens plus symbolique de chaque figure). 
Cette œuvre nous sert de support aux mêmes interrogations que peuvent avoir les différents protagonistes de la culture et particulièrement de l’art de rue. Elle amène une réflexion, une allégation et concourt intrinsèquement à devenir un débat d’intérêt public. 
Ayant moi-même porté mes recherches sur l’art divinatoire par le biais du symbolisme des lames du tarot, ainsi que le surréalisme, cette œuvre s’inscrit dans le même parcours. À savoir si la portée d’une œuvre, dans sa signification et son pouvoir de suggestion, peut influencer l’histoire… Ou être simplement la projection d’une perception intuitive d’un avenir possible ? Dans les 2 cas, si la perception d’une trahison est perçue majoritairement dans ce tableau, elle aura pour vocation de devenir cette épée de Damoclès pour que cette trahison ne soit jamais confirmée. 
Je vous livre une information (secrète) sur la signification que nous nous faisons de cette dague, qui est l’instrument clé des principes initiatiques dans la plupart des religions. Dans le domaine profane, on appelle aussi « couteau », le prisme triangulaire qui supporte le fléau d’une balance. Ce prisme est le point d’équilibre immuable autour duquel va se mouvoir le fléau, comme le couteau sacrificiel est le point d’équilibre dans les rites d’initiation entre le profane et le sacré. Ici, la dague n’est donc pas l’instrument d’une trahison possible ou d'un sacrifice, mais d’un rituel initiatique procurant un certain pouvoir à celui qui la porte. 
Pour finir, selon la psychanalyse jungienne, la dague correspondrait aux zones obscures du Moi, à l’Ombre et le côté négatif ou refoulé du Moi… À voir désormais ce que l’on veut y voir.
» Zag & Sia