Une nouvelle fresque dans l’allée Pris-Ivry sous le Lavo//Matik.
Elle est signée Mikolaj Rejs, un artiste polonais que je découvre ici.
Mikolaj Rejs est actif dans le milieu du street art depuis la fin des années 1990.
Cette fresque présente une scène très poétique et contemplative, où l’imaginaire cosmique rencontre la ville. On distingue deux silhouettes humaines stylisées, allongées comme si elles flottaient dans l’espace. Leur posture parallèle suggère un mouvement commun, comme deux êtres voyageant ensemble dans un même flux invisible.
Le fond gris est parsemé de constellations dessinées simplement, avec des points reliés par des lignes blanches. Cela transforme la scène en carte céleste. Les deux personnages semblent ainsi nager dans l’univers, comme s’ils traversaient la voûte céleste,
Quelques semaines plus tard, la fresque a été transformée (voir dernière photo avec un texte que je traduis plus bas).
« Mais le responsable — un type sympa, en fait — m'a dit que je ne pouvais travailler que sur ce mur pour l'instant. Je dois donc le recouvrir. Ce pourrait être mes débuts à Paris, une chance de faire mes preuves et d'intégrer le Spot13 ; c'est vraiment ce que je veux. Dans le street art, il est normal de voir son œuvre évoluer ou être détruite ; cela fait partie de la culture. Mais cette fois, je n'ai pas envie de recouvrir le travail de quelqu'un d'autre. C'est une œuvre récente, simple mais stylée. En fait, je l'aime bien, et c'est bien là le problème : je ne suis pas sûr que ce soit la bonne façon de commencer, en recouvrant une œuvre à laquelle on adhère. ».
L’artiste qui a écrit ce texte en respectant l’œuvre initiale de Mikolaj Rejs est Slava Ptrk, un artiste russe qui vit en exil forcé depuis 2022. En mars 2025, il a été inscrit par le Ministère de la Justice de la Fédération de Russie au registre des soi-disant « agents étrangers ».
Je ne connais rien de cet artiste qui montre ici un grand respect pour le travail des autres. C’est si rare que je lui tire mon chapeau ! Et j’espère qu’il pourra créer sa première œuvre parisienne très prochainement…
Quant au « responsable », il s’agit probablement de Joko. Il devrait tirer leçon de cet acte de respect !