Les œuvres présentées ici font partie de l’exposition « Transgression » à la Citadelle de Doullens.
Nous sommes ici dans la partie extérieure du Mitard, sept petites courettes qui permettaient aux détenues de voir le ciel lorsqu’elles y étaient autorisées. Des promenades toujours en solitaire, il ne s’agissait pas que ces dames puissent y passer du bon temps avec leurs co-locatrices de misère.
Dans cette courette, Samione nous offre l’image évanescente d’une femme qui s’enfuie.
Cette femme seule demeure sur le mur, comme une présence que le lieu aurait longtemps retenue. Son visage disparaît sous le tissu. Elle n’est plus un portrait, mais la mémoire de toutes celles qui ont été enfermées ici.
« Le drapé serre son corps autant qu’il le prolonge. Il devient souffle, courant, tentative d’élan. Elle semble s’élever, sans jamais pouvoir partir vraiment. Suspendue entre la chute et l’évasion, elle habite cet instant où la liberté paraît proche, mais demeure inaccessible.
Autour d’elle, l’humidité, l’érosion et les blessures du mur traversent la peinture, effacent la silhouette par endroits et donnent l’impression qu’elle était déjà là.
J’ai choisi de la laisser seule pour donner une forme au silence, à l’attente et à l’isolement. Pourtant, malgré l’effacement, quelque chose résiste encore.
Un mouvement fragile, mais impossible à faire disparaître. ».